Mon enfant est violent, comment réagir ?


Il est probable que tu ne t’y attendais pas, que tu te demandes, mais comment alors que la violence n’est pas dans ton quotidien ou tu culpabilises d’avoir toi-même crié.


La violence a plusieurs formes : physique, verbale (psychologique).


J’ai lu que lorsqu’un enfant vit une scène avec de la violence, par exemple il voit un autre enfant se faire taper, c’est comme-ci il l’avait vécu lui-même. Tout passe par le cerveau.

Quoi qu’il en soit tu peux l’accompagner lorsque ces comportements se présentent.


Peut-être que tu te sens désarmée, démunie quand il hurle, crie, frappe, mord ou se roule par terre.

Peut-être aussi que cela déclenche en toi une colère comme une explosion en mode le monstre qui sort de toi.

Sais-tu que ton enfant lui, n’entend plus rien !

Le cerveau de l’enfant se développe pour arriver à maturité environ à 25 ans. Ses expériences vont lui permettre de développer des connexions neuronales. Ce sont des axes par lesquels l’information circule. Plus une expérience va se répéter, plus la connexion va s’établir un peu en mode autoroute neuronale.


En attendant, le développement de celles-ci, l’enfant n’a pas acquis la capacité de résilience, il a besoin d’être accompagné lorsqu’il vit une émotion.


En effet, pendant cette vague émotionnelle, le lien avec la partie logique de son cerveau est interrompu, ce qui signifie qu’il ne peut pas prendre du recul, ne peut plus réfléchir et ne t’entend pas quand tu tentes de le raisonner.


Il est face à toutes les sensations physiques qui le traversent pendant la durée de l’émotion, une pression qui nécessite une décharge extérieure pour revenir à l’état ordinaire.


Pour cela, il a besoin d’être accompagné. Il ne s’agit plus de raisonner, j’invite plutôt à résonner. (Voir podcast)


Ce n’est donc ni un caprice ni une comédie, c’est la manifestation extérieure de ce qu’il vit à l’intérieur.


Je t’invite ici à te connecter à ta dernière émotion intense de colère. Comment c’était pour toi à l’intérieur de ton corps ? Quel a été ton comportement pour évacuer cette pression ?

Même adulte, alors que les connexions neuronales sont davantage mises en place, il reste difficile de ne pas se laisser emporter en mode réaction.

Comment demander à un enfant de se contenir quand on voit l’énergie qu’il sort ? À quoi bon la laisser à l’intérieur ?

Je ne suis pas en train de dire d’accepter la violence. L’intention de mon propos est d’activer ton empathie pour ce qu’est en train de vivre ton enfant.


Et les enfants « sages » ?


Beaucoup de mamans me disent : « oui, mais d’autres ont la chance d’avoir des enfants sages ».

J’aimerais te raconter une histoire, celle d’une maman solo que j’ai accompagnée. Elle est venue vers moi parce qu’elle cherchait des solutions pour accompagner son fils de 3 ans dans ses colères. Elle se sentait démunie devant la violence de son fils. Elle a une fille aînée qui à notre premier RDV était présente. La maman me dit : « elle est calme, je n’ai aucun problème avec elle ». Et je lui ai demandé à cet enfant comment elle vivait la situation. Au fil de mon échange avec elle, elle a fondu en larmes. Elle ne voulait pas en rajouter à sa maman et elle s’est conditionnée à taire ses émotions.


Les enfants « calmes ou sages » peuvent parfois se couper de leurs émotions sous des conditionnements divers ou en réaction au stress. En effet, vous connaissez peut-être les trois réactions possibles face au stress : l’attaque, la fuite ou la sidération. Là, l’enfant se met en mode gel parce qu’il est en profond stress.

Je veux juste attirer l’attention sur quelque chose qui me semble essentiel.

Derrière une étiquette d’enfant « sage » ou « calme », il peut parfois y avoir des émotions vécues aussi intensément. Les comportements qui font du bruit se font davantage remarquer que le silence.

Ce n’est pas évident surtout quand le bruit atteint ta zone de sécurité et quand dans ton enfance tu as été toi-même une enfant qui vivait tes émotions dans le silence. Le bruit vient te chercher dans des zones inconfortables.


Comment accompagner ses émotions ?


Accompagner les émotions de son enfant c’est avant tout être au clair avec ses propres émotions.

Il reste, selon moi, important d’activer l’auto-empathie pour pouvoir accueillir et écouter ton enfant avec toute ton empathie.


Parce qu’en apprenant à te connaître, tu vas pouvoir comprendre le processus de vie d’une émotion, ressentir le lien avec tes sensations physiques et ce besoin de décharge.


Je crois que tous les êtres font du mieux qu’ils peuvent à chaque instant et que le comportement de ton enfant est une des stratégies qu’il a développées à l’instant T pour répondre à un besoin.


As-tu conscience de ce qu’est un besoin ? as-tu conscience de tes propres besoins ?

Personnellement, à ces questions, je répondais NON jusqu’à ce que je m’accorde cette auto-empathie.

Et dans cette phase avec moi-même, je me suis aperçue qu’autre chose venait amplifier mes réactions : les jugements.


Quand les jugements s’en mêlent.


La violence ou les comportements bruyants de l’enfant sont souvent vus par l’extérieur comme signe d’une « mauvaise éducation », d’un « manque d’autorité », bref problématique.

Qui n’a pas subi les regards désapprobateurs extérieurs ? Ou les critiques ? Ou les avertissements ?

« Tu ne lui mets pas assez de limites »


L’enfant aurait alors l’intention de te nuire ? Il ferait tout pour te défier ? Aurait-il de « mauvaises intentions ».

Je ne crois pas aux mauvaises intentions de l’enfant. J’observe au quotidien leur volonté de se relier, de coopérer et de se connecter à l’AMOUR.

À travers son comportement, l’enfant tente de répondre à un besoin qu’il ne peut pas reporter.


Et ces jugements peuvent aussi devenir tes conditionnements. On ne peut pas nier, le processus qui est le nôtre, nos conditionnements et les jugements qui peuvent surgir lorsque notre enfant se met à avoir des comportements violents.

Alors, comment faire lorsque des jugements viennent à toi à propos de ton enfant ? Ou envers toi-même ?

Dans mon accompagnement « MERCI », je donne des clés pour accueillir cette énergie et en faire un terreau nourrissant pour la relation. Il ne s’agit pas de vouloir contrôler ou lutter contre. Plutôt d'accueillir dans un espace qui est le tien et de les laisser passer.


Le processus d’accompagnement des émotions


1. Avant tout, je pense qu’il est important de commencer par valider en soi, qu’il y a un besoin derrière son comportement. Puis être au clair avec ses propres émotions. La prise de conscience de mes conditionnements et mes jugements m’a beaucoup aidé à passer de la réaction à l’action pendant ces moments inconfortables.


2. Sécuriser l’enfant et l’entourage pour protéger face à la violence. Il ne s’agit pas d’être dans la lutte, de dégainer tes forces pour stopper le comportement. Il est nécessaire de ne pas répondre par de la violence, mais un peu en mode maître d’art martial en réorientant son énergie à lui.


3. Accueillir l’émotion, c’est valider auprès de l’enfant que ce qu’il ressent est légitime, que le comportement n’est pas possible parce que tu as peur qu’il se blesse ou blesse quelqu’un. C’est se mettre à l’écoute et l’accompagner dans cette décharge.


4. Seulement une fois l’émotion apaisée et en dehors, tu peux proposer une alternative au comportement. L’orienter vers une solution, vers une nouvelle stratégie pour répondre à son besoin.

La confiance que tu vas lui montrer va lui permettre de développer la capacité. Tu peux aussi le rassurer de ta présence pour l’accompagner à la mise en place de cette nouvelle stratégie.


La leçon de morale


À travers elle, il y a le sentiment de transmettre des valeurs fondamentales, mais en y observant de plus près est-ce bien le cas ?


Imagine-toi un instant dans une situation avec ton mari. Exténuée la veille, tu t’es emportée et tu t’es mise à hurler sur tout le monde en mode réaction sous la colère et la fatigue.

Il vient t’en reparler en te faisant la morale. Comment te sens-tu ?


Humiliée, coupable, en colère ? À quoi penses-tu à ce moment-là ?

À la meilleure stratégie à adopter la prochaine fois ? Ou plutôt à : « pour qui il me prend ? », « Je suis coupable » et à toutes les étiquettes que tu peux te coller ou lui coller ?


J’ai beaucoup entendu : « oui, mais moi je suis une adulte et lui un enfant il a besoin de comprendre ».

Mais comprendre quoi ? Avec la leçon de morale, je crois qu’il comprend combien il se sent mal quand tu échanges avec lui, il comprend que la prochaine fois il voudra l’éviter et se cachera pour agir. Ou encore peut-être qu’il va se juger et se dévaloriser.


Comme je te l’ai déjà dit, je crois fondamentalement que la meilleure façon pour lui de comprendre et d’intégrer des valeurs c’est de les vivre.



L’Amour est un super pouvoir dont tu es dotée, mon expérience m’a montré plus d’une fois combien il était magique.


Et si le comportement perdure ?


Je pense alors qu’il y a plusieurs pistes à explorer :


Revoir tes attentes envers lui dans la situation

Comprendre quel est le besoin derrière ce comportement

Est-ce qu’il y a une croyance qu’il a développée ?



J’aimerais terminer par une phrase entendue en formation :

"L’amour ne se divise pas, il se multiplie"


C’est une invitation à donner de l’amour et de la présence à ton enfant, mais aussi à toi.


Et toi où en es-tu avec tes émotions ?

C’est plutôt en mode réaction ou accueil ?


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