Les relations familiales et le triangle de Karpman


Connais-tu le triangle de Karpman ?


Je te propose de venir comprendre ce mécanisme dans lequel tu te retrouves parfois, et qui est à l’origine de bon nombre de relations difficiles.


Imagine-toi ...

Un de tes enfants : « toi tu ne sais pas faire, tu es nul et trop petit, va t’en ! »

L’autre : « personne ne veut être avec moi, je suis trop nul, je ne sais rien faire »

Toi : « tu joues avec ton frère et tu arrêtes de lui dire qu’il est nul ! »


As-tu déjà vécu ce genre de scène ?

Tu veux en savoir plus ?


Le triangle de Karpman est un jeu de manipulation inconsciente. Il met en évidence une relation dynamique entre 3 comportements dans la relation.




La victime


Elle se sent impuissante, en incapacité. Elle va attirer à elle le bourreau comme pour justifier et venir confirmer le rôle qu’elle joue inconsciemment.

La victime n’endosse aucune responsabilité et va chercher le soutien du sauveur. Paradoxalement, elle ne cherche pas à sortir de cette situation de victimisation que ce soit volontairement ou non.

Chaque rôle apporte un bénéfice secondaire dans la création des relations. La victime, en restant dans ce rôle peut gagner de l’attention, de l'écoute, de l'affection…


Le persécuteur


Il est plutôt critique, autoritaire et cherche à contrôler par sa tendance à manipuler.

Il a besoin d’une victime pour exercer ce rôle. Il rabaisse l’autre pour se valoriser. Il joue sur la honte, la culpabilité et la pitié.


Le sauveur


Il a besoin de se sentir utile et va donc intervenir même lorsque rien ne lui a été demandé.

Il va à la rescousse même quand personne n’en a besoin.

Le sauveur peut rechercher le regard approbateur des autres, il construit son estime de lui sur ses actes. Il place la victime en incapacité de faire seule.

Il est centré sur la victime et non sur lui-même et ses propres difficultés.


Attention ce sont des comportements et non une case où l'on enferme une personne


Il est important de souligner que ces rôles ne sont pas fixes et qu’ils dépendent du contexte et des personnes qui entrent en jeu.


Mon intention n'est pas de mettre une étiquette sur des personnes mais de venir prendre conscience de schémas de communication qui peuvent entraver tes relations familiales.


Une personne n’est pas uniquement dans le rôle de victime, elle peut devenir le persécuteur ou le sauveur. On le retrouver parfois dans la cour de récréation.


L’enfant victime dans sa fratrie peut, dans la cour de récréation, devenir le persécuteur ou le sauveur.


Voici des exemples pour t’aiguiller un peu plus sur comment cela peut se traduire dans ton quotidien de parent et au sein de ta famille :


- Tu te lamentes, tu penses que tes enfants sont responsables de tes émotions.

« il me met en colère ! », « regarde à cause de toi ! », « je sais que je devrais demander de l’aide, mais je n’ai personne et je n’ai pas d’argent ».

- Tu as tendance à l’agressivité, tu prends un ton autoritaire

« c’est comme ça et pas autrement »

- Tu as tendance à la comparaison

« regardes comment il est grand, il y arrive tout seul » ou « sois sage comme ta sœur », « ton frère ne fait pas de scène lui »

- Tu as tendance à porter secours

« Prête ce jouet à ton frère » et tu lui donnes


Comment tes croyances peuvent avoir un impact sur ta façon de communiquer ?


Eric Berne, père de l’analyse transactionnelle, identifie 4 mythes en lien avec cette relation triangulaire :


- « J’ai le pouvoir de rendre les autres heureux » (sauveur)

- « Les autres ont le pouvoir de me rendre heureux » (victime)

- « J’ai le pouvoir de rendre les autres malheureux » (persécuteur/bourreau)

- « Les autres ont le pouvoir de me rendre malheureux » (victime)


Nourris-tu une de ces croyances ?


Pour ma part, j’ai longtemps cru que j’étais responsable du bonheur de mes enfants.

J’ai compris que le mode « sauveur » était très actif chez moi et en particulier dans ma parentalité.

C'était encore plus évident pendant mes interventions dans les conflits entre mes filles.


Tu n’as pas le pouvoir de rendre les gens heureux !

Et il y a d'autres pensées et croyances qui viennent perturber mes réponses éducatives.

Je te rassure, il est possible de s'en libérer.




Maintenant que tu as pu éclaicir ce concept de jeu triangulaire, vois-tu les enjeux à ce type de communication dans les relations?


- Ne pas prendre sa responsabilité

- La prendre là où ce n’est pas ta responsabilité

- L’illusion du pouvoir


Comment sortir de ce jeu psychologique et relationnel ?


1. Comprendre le triangle et mettre de la conscience dans tes échanges

On peut changer qu’une chose que l’on voit.

Le meilleur moyen c’est de développer ta capacité d’observer les signes qui montrent que la communication a basculé dans cette joute verbale. (Ton autoritaire, mode défensif, émotions qui montent, généralisations…)


2. Poser l’intention d’en sortir

Les prémices d’une nouvelle forme de communication basée sur la capacité à prendre du recul et s’accorder une écoute empathique


3. Communiquer autrement vers la résolution de conflits

Personnellement, je choisis de te parler de la communication non violente.

Elle permet d’être à l’écoute les uns des autres sans entrer dans ce jeu psychologique.

C’est un entraînement au quotidien qui en vaut la peine pour des relations familiales harmonieuses.

Je continue de m’y exercer au quotidien parce que j’ai compris que la seule personne qui peut changer les choses c’est moi. On ne peut changer personne, mais on peut insuffler le changement en soi.


Laisse-moi en commentaire tes prises de conscience et les intentions qui en découlent à la lecture de ce texte.

Si tu as des difficultés, je reste disponible en message privé.